Regards croisĂ©s 🏀 Basket Ă  Pigalle

2019. L’annĂ©e des projets personnels, je me le suis promis. De ceux que je mĂšne jusqu’au bout. Par oĂč commencer ? Je veux essayer le freelensing, apprendre Ă  mieux dompter la lumiĂšre, tiens ce serait intĂ©ressant aussi de tester le mouvement. Pourquoi pas un “100 days of” ou un projet 52. Et puis pourquoi aussi ne pas faire des auto-portraits, creuser le noir & blanc, faire de la vidĂ©o. Je vais commencer Ă  noter toutes mes idĂ©es.

Bon comme d’habitude, je me retrouve avec 500 idĂ©es. Mon cĂŽtĂ© curieuse, impatiente et hyper-active a repris le dessus. Je n’irai pas au bout d’un projet trop consĂ©quent je le sais. Il faut que je canalise mes idĂ©es et mes envies et que je me focalise un peu sur quelques points importants. Me rĂ©duire Ă  une technique ? Non, je vais ĂȘtre frustrĂ©e. Faire un projet 30 ou 100 ou 365 ? Non, je veux pouvoir photographier quand j’en ai envie. Tout ça, c’est un processus de crĂ©ativitĂ© et cette crĂ©ativitĂ©, je ne l’ai pas sur commande je le sais. Alors rĂ©flĂ©chis plus intelligemment pour crĂ©er LE projet qui te correspond et que tu mĂšneras au bout.

“Allo Emilie, ça va ? Ah oui toi aussi tu veux un projet pour l’annĂ©e ?”. C’est de lĂ  que tout est un peu parti. Un peu brouillon, pleins d’idĂ©es notĂ©es chacune de notre cĂŽtĂ© pour finalement arriver Ă  une liste commune. Pour l’organisation ? Le terrain de basket comme point de dĂ©part. Le reste qui se construit ensuite autour de ça. Autour de nos quotidiens, de nos 2 villes qui sont Ă  l’opposĂ© gĂ©ographiquement mais aussi dans les paysages, les moyens de transport, le type de lumiĂšre & co. Ca y est, un projet est en train de se crĂ©er et j’aime ça. C’est stimulant, pas trop contraignant en terme de temps. C’est concret, ça donne envie d’essayer, lĂ , maintenant.

Voici l’idĂ©e de ce projet : 12 mois, 12 lieux, 10 photos avec des thĂšmes imposĂ©s sur chacun de ces lieux. Le lieu sera le mĂȘme pour nous 2, avec chacune notre contrainte de localitĂ©. Le meilleur exemple est sĂ»rement celui du mĂ©tro parisien que je voulais exploiter, tellement typique de lĂ  oĂč je vis. Oui mais toi, tu ne prends pas le mĂ©tro Ă  Grasse, tu te dĂ©places principalement en voiture. Alors notre thĂšme sera de montrer 10 images avec chacune notre moyen de transport privilĂ©giĂ©.

Quant aux 10 photos Ă  faire Ă  chacun de ces endroits, nous avons rĂ©flĂ©chi Ă  des techniques ou des choses que nous souhaitions amĂ©liorer, explorer, creuser. En voici une prĂ©sentation au travers de ce 1er mois d’exploration. Pour ce 1er mois de janvier, nous avons dĂ©cidĂ© de commencer notre projet par un terrain de basketball. Pourquoi ? Alors dĂ©jĂ  parce qu’un terrain trĂšs colorĂ© me faisait de l’oeil depuis un moment Ă  Paris. Je voulais y aller et l’exploiter, mais en ayant en tĂȘte des thĂšmes prĂ©cis de photo Ă  faire. Et puis parce que l’idĂ©e de ce projet est aussi de se confronter Ă  des lieux un peu inattendus.

 

1 – Le mouvement

Quel vaste sujet pour commencer… Le mouvement m’intrigue, me fascine. J’aime le voir parfois complĂštement floutĂ©, parfois plus prĂ©cisĂ©ment. J’aime qu’il montre des humains, ou ce que les humains font. Je trouve intĂ©ressant de pouvoir le travailler de pleins de façons diffĂ©rentes. Parfois le figer, parfois crĂ©er un filĂ©, parfois l’imaginer. J’aurai pu choisir un des garçons qui jouaient au basket pour ce 1er thĂšme mais je prĂ©fĂšre ici garder une image du ballon seul, dans ce terrain, prĂȘt Ă  toucher le filet. Le reste n’est qu’imagination.

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2 – Faceless

Un projet que j’ai pu observer chez d’autres photographes l’an passĂ© et qui m’a beaucoup intriguĂ© je l’avoue. Alors j’ai eu envie de moi aussi m’y frotter. Le principe est “simple” : ne jamais montrer le visage de la personne. J’ai pour habitude de couper des bouts de visage ou autre mais rarement j’enlĂšve l’intĂ©gralitĂ©, par peur de bloquer une Ă©motion sĂ»rement. Alors cette annĂ©e je vais m’y frotter Ă  l’inverse, voir ce que j’arrive Ă  faire ressortir comme sentiment sans pouvoir accrocher le regard.

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3 – Le freelensing

Si vous me suivez sur Instagram, vous devez avoir vu que depuis quelques temps cette technique me travaille beaucoup. Pour la fan de flou que je suis, c’est un champ Ă  toutes les possibilitĂ©s. Je l’apprivoise depuis quelques semaines sur des objets, des gens. L’idĂ©e c’est d’arriver Ă  en faire un automatisme chez moi lors de mes sĂ©ances ou mariages. Avec la pression de prendre ici des inconnus en quelques secondes (je prĂ©cise que je ne les connaissais pas et je leur ai parlĂ© 1min30 avant de les prendre en photo), je n’ai pas exactement obtenu ce que je voulais, je n’ai pas assez rĂ©flĂ©chi Ă  la compo globale de mon image. En revanche, le point net est proche de l’oeil. La technique commence Ă  devenir de plus en plus naturelle et rapide pour moi. Je continue d’essayer…

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4 – Les photos au format portrait

A chaque photographe son format prĂ©fĂ©rĂ©, mais le mien est clairement en mode paysage. Alors pour me forcer Ă  faire autre chose, je veux m’imposer des photos au format portrait. M’imposer de tourner mon appareil photo pour voir d’autres cadrages, d’autres angles, crĂ©er une autre dynamique. Je n’ai pas encore le rĂ©flexe, mais ça viendra j’en suis sĂ»re Ă  force de pratique. Ici, je voulais vraiment montrer le contraste entre ce terrain de basket hyper colorĂ©, ces joueurs jeunes, et le fait que le terrain Ă©tait encastrĂ© entre 2 immeubles haussmaniens dans un quartier populaire de Paris. Quasi impossible Ă  montrer au format paysage, alors j’ai tournĂ© l’appareil…

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5 – Une ouverture Ă  F5 (ou plus…)

Je fais parti de ces photographes qui travaille toujours (ou presque) Ă  pleine ouverture. Une adepte du F1.2 ou F1.4, rarement au-dessus de F2.8 (j’y passe en cas de photo de groupe quoi mais pas plus). Et pourtant, je suis convaincue que ça peut apporter tout autre chose Ă  mes images. Alors je ne vais pas vous mentir, pour le moment c’est pour moi l’un des thĂšmes les plus difficiles. De ceux que je ne comprends pas encore et qu’il va falloir que je m’approprie rĂ©ellement. J’ai dĂ» faire une dizaine d’images lors de cette sĂ©ance sans vraiment en trouver encore un intĂ©rĂȘt. J’en ai juste ressorti celle-lĂ , pour le cĂŽtĂ© grillage / ballon / lignes. Mais je sais que ça n’est pas encore abouti. Il va falloir que je creuse, que je cherche. Je vais y arriver, mais ce thĂšme me donnera plus de fil Ă  retorde.

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6 – Les mains

Un dĂ©tail pour certains, un Ă©lĂ©ment primordial pour moi. Les mains peuvent dire beaucoup de choses. Peuvent montrer un moment important, la force des sentiments selon les situations. C’est peut-ĂȘtre mon lien Ă  mon piano qui m’amĂšne Ă  toujours regarder les mains des gens. Elles racontent votre histoire, ce que vous ĂȘtes en train de vivre. LĂ  encore je suis curieuse de voir ce que je vais rĂ©ussir Ă  vous raconter chaque mois au travers de ce thĂšme qui ne sera pas simple selon les lieux…

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7 – L’autoportrait

Un exercice difficile au dĂ©but. Arriver Ă  se dĂ©tacher du cĂŽtĂ© selfie pour vraiment montrer sa personnalitĂ©. Arriver Ă  expliquer toutes ces facettes. Se voir au travers de ses propres yeux. Arriver Ă  ĂȘtre doux aussi envers soi-mĂȘme. A force de prendre les autres en photo, on commence Ă  se demander ce qu’on aimerait reflĂ©ter de soi-mĂȘme en image. C’est comme ça que j’ai fait mon 1er auto-portrait il y a un peu plus d’un an. Depuis, j’en prends quelques-uns, aussi pour une question pratique : je suis toujours lĂ  et je n’ai pas d’autre modĂšle sous la main quand je veux tester des choses.

Alors ce thĂšme, j’ai dĂ©cidĂ© de le prendre avec moi pour ce projet personnel. De vous montrer qui je suis et en quoi ces lieux sont aussi ce que je suis. Ce 1er lieu m’a mise devant une contrainte majeure : autant je suis Ă  l’aise avec le fait de faire un auto-portrait chez moi, toute seule. Autant le faire avec des gens autour, je sens une urgence et un inconfort qu’il va falloir que j’apprenne Ă  maĂźtriser. Je laisse un peu la technique de cĂŽtĂ© pour celui-lĂ  et j’accepte qu’il est trĂšs loin de ce que je voulais. J’accepte par la mĂȘme occasion de prendre Ă  bras le corps mon imperfection. D’admettre que parfois on n’a pas le rĂ©sultat voulu et que ce n’est pas grave.

A travers cette image, je me dis Ă  moi-mĂȘme que ce projet va ĂȘtre un long voyage fait de progrĂšs mais aussi d’embĂ»ches et que c’est juste ok.

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8 – By my window

Aaah pareil, ce thĂšme on le voit au travers de nombreux projets de photographes. Et je l’adore! Je suis complĂštement subjuguĂ©e par ces images au travers des fenĂȘtres, des rĂ©troviseurs et autre qu’on se crĂ©Ă©. Le reflet que ça crĂ©Ă©, les double images aussi qui peuvent ainsi en ressortir. Mais. Mais sur ce terrain de basket, pas de fenĂȘtre ni de miroir ni rien qui s’y apparente. Alors on fait quoi ? On improvise bien sĂ»r! J’ai fait ici une image qui reprĂ©senterait dans mon imaginaire la fenĂȘtre du terrain de basket. Son grillage, ce qu’il y a d’un cĂŽtĂ© et de l’autre. Je dois avouer que c’est l’un des thĂšmes que j’ai le plus envie d’explorer cette annĂ©e. J’ai hĂąte de le mettre en pratique dans les sĂ©ances & mariages. D’apprendre Ă  jouer avec la lumiĂšre Ă  travers ça.

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9 – Le noir & blanc

Un classique dont on ne se lasse pas. J’adore le N&B, j’en fais beaucoup. Je prends mes images en couleur pour ensuite les passer en N&B. Je sais ce qui aujourd’hui me pousse Ă  mettre ma photo en N&B et c’es trĂšs instinctif pendant le post-traitement : les Ă©motions, les lignes (encore plus qu’une photo en couleur), et souvent ce sont des images avec des sujets rapprochĂ©s. Mais je veux comprendre pourquoi en faire, ce qui m’intĂ©resse lĂ -dedans. Photographier en ayant dĂ©jĂ  l’idĂ©e de faire du N&B et pas seulement transformer au moment du post-traitement. Faire du N&B conscient quoi, comme si l’appareil argentique me l’imposait de par la pellicule que j’aurai mise.

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10 – Diptyque

Le dernier de nos 10 thĂšmes. Celui qui est lĂ  pour crĂ©er une histoire en 2 images. SĂ»rement lĂ  aussi un de mes plus gros challenges de l’annĂ©e. Je prends pas mal de photos, je rĂ©flĂ©chis Ă  la cohĂ©rence globale d’un reportage mais pas forcĂ©ment Ă  associer 2 ou 3 images comme le font certains. Alors de la mĂȘme façon, je vais creuser, explorer, comprendre ce qui me pousserait Ă  associer 2 images. Pour moi, je crois qu’il faut dĂ©jĂ  une diffĂ©rence de cadrage forte. Retrouver 1 ou plusieurs Ă©lĂ©ments (ici je retrouve mon personnage mais aussi son casque, quelques couleurs). Mon exploration lĂ -dessus commence tout juste mais me fait dĂ©jĂ  rĂ©flĂ©chir grandement. Suite au prochain Ă©pisode…

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VoilĂ , mon projet est lancĂ©. Ou plutĂŽt notre projet.Nos Regards CroisĂ©s. J’ai dĂ©jĂ  hĂąte d’ĂȘtre au mois prochain pour explorer le 2nd lieu. J’ai hĂąte d’ĂȘtre en fin d’annĂ©e pour faire un bilan, voir oĂč j’en serai arrivĂ©e. L’idĂ©e ce n’est Ă©videmment pas de faire ces 10 photos dans le mois et puis les oublier entre temps. Non, l’intĂ©rĂȘt c’est de mieux les apprĂ©hender en pleine conscience sur ce lieu pour ensuite en faire des images quotidiennes oĂč que je sois, en sĂ©ance avec vous ou seule chez moi.

Et puis il ne faudra pas me limiter Ă  ça. Explorer d’autres choses, d’autres projets si l’envie m’en dit. Creuser cette question de lumiĂšre qui est posĂ©e dans mon cerveau depuis trop longtemps. Qui ne sait pas encore comment sortir. Commencer Ă  me lancer sĂ©rieusement dans la vidĂ©o aussi. Ok, je repars dans mes pensĂ©es aux 500 idĂ©es. Mais l’important, c’est que la base est posĂ©e et que tout le reste est lĂ , prĂȘt Ă  exploser…

 

Ma compĂšre

Regard-croise-projet-perso-emilieSi tu souhaites dĂ©couvrir Emilie, avec qui je vais partager ce projet (et je t’encourage vivement Ă  le faire), je t’invite Ă  rejoindre son compte instagram ou son site afin d’en savoir plus sur elle. L’exercice va vraiment ĂȘtre intĂ©ressant avec nos 2 points de vue et façons de photographier diffĂ©rentes. J’ai hĂąte de partager toute cette annĂ©e photo avec elle. Et allez, on peut le dire, on a mĂȘme prĂ©vu un lieu en commun dans l’annĂ©e, oĂč nous nous rendrons donc ensemble.

 

 

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